Née de la fusion de la DST et des RG, la nouvelle Direction
centrale du renseignement intérieur, forte de 4000 policiers
spécialisés, est lancée officiellement mardi.
Rue
de villiers, Levallois-Perret, 9 heures du matin. Une cohorte d'hommes
et de femmes aux allures de passe-muraille s'engouffre dans un immeuble
caparaçonné de verre opaque. Sans desserrer la mâchoire, ils pénètrent
dans un hall tout droit sorti d'un décor de science-fiction version
années 1970. Tour à tour, sous l'œil des cerbères du service de
sécurité du ministère de l'Intérieur, ils franchissent un sas
électronique, sont avalés par des ascenseurs avant de disparaître dans
les entrailles d'un vaisseau fantôme devenu l'un des endroits les plus
sécurisés de France. Là, sur plus de 25 000 mètres carrés de bureaux
encombrés de caméras de surveillance et de détecteurs anti-intrusion,
ces «flics» de l'ombre travaillent déjà sans relâche à déjouer les
attentats, démasquer les espions infiltrés, défendre l'intégrité de
l'État et des entreprises françaises. Ils sont le fer de lance de la
police du XXIe siècle. Avec eux, un nouveau FBI à la française vient de
naître.
Coût de cette opération pour l'État : 366,2 millions d'euros.
«Particulièrement élevé», note la Cour des comptes qui épingle par
ailleurs des «travaux longs et coûteux». «La sécurité des Français n'a
pas de prix», répond un haut fonctionnaire. |