1. Admirer une île grandeur nature
© Richard Bouhet/AFP

Paradis du tourisme vert et des amateurs
de marche, le cirque de Mafate et ses
centaines de kilomètres de sentiers balisés.
C'était la bonne nouvelle de l'année passée. Le 6 mars 2007, quelques jours après celui de Guyane, le neuvième parc national français était créé à la Réunion, avec 42% de son territoire protégé. Principalement dans les «hauts», centre montagneux de l'île avec les cirques de Salazie, de Mafate et de Cilaos, le piton de la Fournaise et les hautes plaines qui en font un paradis du tourisme vert. De la forêt de bois de couleur aux landes d'altitude tapissées de bruyères, les passionnés de nature y trouveront leur compte, car, contrairement aux autres îles des Mascareignes (Maurice et Rodrigues), la Réunion a pu conserver une grande partie de sa végétation originelle. Vanille, capucine, flamboyant, vacoa, tamarin, bois de perroquet, queue de poisson... A Saint-Philippe, le jardin des Parfums et des Epices recense quelque 1 500 espèces qui offrent un aperçu pédagogique de la richesse végétale de l'île.
2. Découvrir la diversité des cultures
Le Nouvel An chinois en février, Dipavali (la fête des lumières) en novembre... Les occasions de faire la fête sont aussi multiples que les origines des habitants de l'ancienne île Bourbon, où les premiers Français sont arrivés par la côte sous le vent en 1638. Cafres (Noirs), malbars (Indiens hindouistes), zarabes (Indiens musulmans), Chinois, Yabs (ou «petits Blancs») cohabitent dans une belle harmonie et un mix de cultures énergisant sur fond de maloya, rythme africain devenu la musique emblématique de la Réunion. En quittant Saint-Denis, en direction d'Hell-Bourg, on se laisse captiver par les divinités colorées des temples tamouls de Saint-André. Classé parmi les plus beaux villages de France, Hell-Bourg (station thermale jusqu'au cyclone de 1948 qui a envahi sa source) reste hors du temps avec ses cases créoles de «changement d'air» du xixe siècle, comme la maison Folio, dont le jardin abrite de nombreuses espèces endémiques de l'île.
3. Randonner sur les cirques
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survol en hélicoptère du piton de la
Fournaise, l'un des volcans les plus
actifs du monde.
Une fois quittée l'agitation côtière, il faut se laisser porter par les bruits de la nature et le rythme de la marche. S'abandonner aux vertiges de l'altitude dans des paysages à couper le souffle sur fond de volcan (le piton de la Fournaise est l'un des plus actifs au monde), de forêts primaires et de villages esseulés (les «îlets»). Partir à la découverte des cirques,lacuriosité de l'île, avec Salazie, Cilaos et Mafate, où quelque 800 habitants vivent à plusieurs heures de marche de la première route... On recense plus de 1 000 kilomètres de sentiers balisés, qui rappellent aussi les heures sombres de l'île, puisque c'est dans les hauts que les «marrons» (les esclaves en fuite) se réfugiaient au xviiie siècle avant l'arrivée des «petits Blancs», ruinés par la baisse de rentabilité de la canne. Deuxième destination touristique de l'île, Cilaos (que l'on atteint péniblement par la route aux 420 virages) reste le point de départ de nombreuses randonnées. Pour les amateurs de sensations fortes, le canyoning est un moyen grisant de flirter avec cette nature extrême, en suivant le parcours des cascades, ponctuées de bassins d'un bleu presque irréel.
4. Plonger dans l'océan Indien
Si la configuration volcanique de l'île, les falaises noires formées de la rencontre bouillonnante de la lave et de l'océan ont laissé peu de place aux étendues interminables de sable blanc, les adeptes de la bronzette trouveront leur bonheur sur la côte sous le vent. Quelques belles «blondes» en vue, comme la plage de Boucan-Canot, ou celle de Saint-Gilles-les-Bains, ancien village de pêcheurs devenu la station balnéaire la plus courue de l'île. Pour les fans de plongée, poissons-papillons, demoiselles, chirurgiens et autres espèces en «robes» multicolores font leur show autour de la barrière de corail. La plupart des clubs sont concentrés à Saint-Gilles ou à Saint-Leu, également fréquentée par les surfeurs, qui viennent y traquer la vague. A ces zones domestiquées, on préfère le Sud sauvage, les étendues balayées par les vents de cap Méchant et la plage préservée de Grand'Anse, la dernière de la barrière de corail. On pourrait y rester des heures à se laisser envelopper par ces lumières australes qui intensifient les couleurs.
5. Se régaler de saveurs métissées
Les Réunionnais n'ont pas attendu la mode de la cuisine fusion pour combiner les saveurs. Canard fumé à la vanille, salade de palmistes (bourgeons de certains palmiers), gratin de pimpin (fruit du vacoa), beignets de songe (racine tuberculeuse), poulet aux baba figues (fleurs de bananier) sont autant de spécialités qui affolent les papilles. Parmi les incontournables des cartes créoles, le rougail, préparation à base d'oignons émincés, de légumes et de fruits écrasés ou plat complet aux gros piments avec le fameux rougail saucisses. Influences indiennes obligent, les caris s'apprécient mijotés au feu de bois, comme le cari ti'jaques, fruit du jaquier, qui peut atteindre 40 kilos... Sur l'ancienne île Bourbon, on s'enivre des parfums d'épices, notamment le curcuma, le «safran péi» récolté à la Plaine-des-Grègues par des femmes dont les doigts se teintent d'orange avec le temps.