Les violences conjugales représentent le quart des
violences en France. Et elles ont connu une hausse de 31,3 % depuis
2004. L'étude de l'OND rendue publique, hier, a fait réagir plus d'une
association en métropole.
Mais à la Réunion, les chiffres sont, de prime abord, encore plus
alarmants. Premier chiffre brut : celui de 813 faits dénoncés en 2007 à
la Réunion. Un chiffre qui peut sembler insignifiant mais qui équivaut
ni plus ni moins à plus de deux plaintes de femmes battues chaque jour
sur l'île. Deuxième chiffre, une hausse de ces plaintes de près de 50 %
en trois ans (+47,8% entre 2004 et 2007). .
À la Réunion, Odette Poncet, la présidente de l'association Femmes
Solid'Air est moins affirmative : “Il faut être prudent pour analyser
ces chiffres car à la Réunion on sait que les violences conjugales sont
fréquentes et taboues. C'est vraiment difficile de savoir ce qu'il se
passe réellement.” D'autant que de nombreuses femmes ne déposent pas
plainte. La peur de briser le foyer familial existe bel et bien, comme
celle des représailles de la part du conjoint violent. “À la Réunion,
il y a des cas de tortures, de menaces de mort et de tentatives de
meurtres. Et on n'en parle pas. Car beaucoup de femmes ne dénoncent pas
ces violences. À leur façon, les femmes résistent. Elles essaient de
protéger leurs enfants, de s'en sortir comme elles peuvent”, relate la
présidente de Femmes Solid'Air, “Plus on en parle, plus les femmes vont
déposer plainte. C'est pour ça qu'il faut continuer le combat et
interpeller les pouvoirs publics.”
Aussi, l'enquête révèle que les violences conjugales touchent également
les hommes.
Ces chiffres ne tiennent pas compte de tous les départements de France
puisqu'ils ne concernent que les zones gendarmerie, mais ils révèlent
qu'un fait de violences conjugales sur six concerne un homme. Ce
chiffre est partiel mais figure une plus grosse hausse sur un an, avec
+ 39,3 % pour les hommes majeurs contre + 12,9 % pour les femmes, au
niveau national. À la Réunion, Odette Poncet ne nie pas le phénomène
mais rappelle qu'il est très marginal : “Il y a aussi des hommes
victimes de violences, dans des couples homosexuels ou hétérosexuels.
Les violences peuvent être le fait de la femme même si c'est bien moins
fréquent. Je pense que l'émancipation de la femme inquiète les hommes
et entraîne des violences. Elles paient leur liberté quelque part.” À
la Réunion, le tissu associatif départemental est l'un des plus
importants et a probablement sa part de responsabilité dans la hausse
des chiffres. Néanmoins, le combat continue pour les associations qui
attendent d'avantage de moyens de l'État pour endiguer le phénomène
À
la Réunion
813 faits de violences conjugales ont été enregistrés en 2007 pour 550
en 2004. L'an passé, une Réunionnaise sur 346 a été victime de
violences conjugales. En France comme à la Réunion, un quart des
violences sur personnes sont des violences conjugales. Entre 2004 et
2007, les violences conjugales ont connu une hausse de 47,8 % à la
Réunion.
Source clicanoo.com
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