Rejet des demandes d'indemnisation des "enfants réunionnais de la Creuse"
Le Conseil d'Etat a confirmé vendredi le rejet des
demandes d'indemnisation de dix Réunionnais qui avaient été arrachés à
leur île natale, dans les années 60 lorsqu'ils étaient enfants, pour
repeupler les zones rurales de la métropole.
Abandonnés, confiés
aux services de l'aide sociale à l'enfance, pupilles de l'Etat ou
encore délinquants : au total, de 1963 à 1982, un peu plus de 1.600
enfants réunionnais ont été placés dans des département ruraux,
principalement la Creuse.
Dix d'entre eux, aujourd'hui repartis
dans leur île natale, mènent depuis des années un combat judiciaire
pour que la responsabilité de l'Etat soit reconnue, lui réclamant
chacun 15 millions d'euros d'indemnisation.
Le Conseil d'Etat a
confirmé vendredi un arrêt de la cour administrative d'appel de
Bordeaux du 27 mars 2007, ressort d'appel de l'île de la Réunion, qui
avait estimé que ces demandes d'indemnisation ne pouvaient aboutir en
raison de la prescription de quatre ans qui couvre toutes les actions
intentées contre la puissance publique.
En première instance, en
juillet 2005, le tribunal administratif de Saint-Denis de la Réunion
avait rejeté leur demande pour une toute autre raison, estimant que le
préfet de l'île, désigné par leur action, agissait pour le compte du
département et non pour celui de l'Etat.
Le dossier avait été mis
en lumière dans les années 90 sous le nom de "l'affaire des enfants
réunionnais de la Creuse", parce qu'une grande partie de ces enfants
confiés à l'aide sociale à l'enfance avaient été placés dans ce
département rural du centre de la France métropolitaine.
Le débat
très technique a porté sur la date à partir de laquelle la prescription
quadriennale devait courir. La cour d'appel de Bordeaux avait estimé
qu'elle partait de la majorité de chacun des enfants réunionnais. Les
requérants voulaient qu'elle débute en 2002, date de la publication
d'un rapport sur ce sujet de l'Inspection générale des affaires
sociales (Igas).
Le Conseil d'Etat a jugé que la cour n'avait commis aucune erreur de droit sur le point de départ du délai de prescription.
SOURCE AFP